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Secteur de l’eau au Maroc : Pourquoi faut-il miser sur une gouvernance juste et durable ?

Transform Africa
Henrich Böll Stifting Rabat Maroc
Par Mme. Sabrina Belhouari
Mai 2019

7 avril 2021

Sur la route qui mène de Tinghir vers Errachidia, s’étendent quelques unes des dizaines d’oasis qui composent la ceinture oasienne du territoire du Tafilalet, l’une des plus importantes oasis du Sud Est du Maroc. En cette saison des orages, qui commence dès la fin du mois d’aout et continue jusqu’au mois d’octobre, les habitants de la région sont très inquiets. « Cette année, il a plu plus que d’habitude.
On reste très vigilants ces jours-ci au cas où il y aurait des crues importantes de l’oued qui traverse notre oasis. Pourvu que la pluie ne dure pas trop longtemps, sinon ca sera la catastrophe pour la récolte des dattes de cette année », s’inquiète un passager rencontré dans un taxi sur le chemin. En effet, le mois de septembre est, en principe, un mois chaud. Mais depuis quelques années, des irrégularités climatiques deviennent de plus en plus fréquentes. Cette pluie, inhabituelle dans cette région à ce moment de l’année, risque de faire pourrir les dattes non encore arrivées à maturité, menaçant toute une économie locale liée à l’agriculture et qui constituent l’activité principale pour la population. Celle-ci, affrontée, d’une part, à la sècheresse de plus en plus longue et, d’autre part, aux précipitations hors saison, se retrouve en position d’extrême vulnérabilité. Le territoire présaharien, dont une bonne partie se trouve dans la région de Draa Tafilalet, illustre parfaitement l’effet des changements climatiques sur la vie des habitants.
Mais la nature n’est pas le seul facteur de changements car, ici, l’impact de l’Homme sur son milieu est très visible. La ressource en eau mobilisée dans le Draa Tafilalet provient aussi bien des eaux superficielle que des ressources souterraines, ce qui met à mal les réserves hydriques lorsque la sécheresse est combinée à la forte consommation de l’eau. Une situation qui demande une gouvernance des ressources en eau extrêmement prudente et interactive. Cette région reste toutefois confrontée aux mêmes enjeux que le reste du Maroc en ce qui concerne l’eau : répondre à la demande qui augmente d’année en année, rationnaliser son utilisation, mobiliser et diversifier les ressources, avec une attention particulière pour la mobilisation des eaux non conventionnelles, tout cela en préservant de la pollution et de la dégradation de la qualité de l’eau. Le plus critique est d’arriver à assurer l’accès à l’eau potable pour tous.